
Un artiste a besoin de sources d’inspiration. Historiquement, il les trouve dans le monde infini de la gravure. De l’estampe à l’hologramme en passant par l’imprimerie et la photographie ces techniques permettent la diffusion du dessin.
Lorsque François Brochet rencontre en 1942 à Vézelay Le Corbusier, il imagine un univers fait de théâtre, de marionnettes, de programmes et de textes poétiques diffusés par l’intermédiaire de la gravure sur bois. Le Corbusier a répondu au désir exubérant de la jeunesse, par sa doctrine : « dessinez, seul le dessin vous donnera la vrai liberté. »
Durant plus de 50 ans François Brochet va mettre en pratique ce conseil. Tous les matins il travaillera d’après nature, par des voyages, devant des modèles, sur les plages, dans les cirques. Les croquis, plans et ébauches seront ses gammes au quotidien.
Très tôt pour dessiner il va s’entourer de « coups de cœur ». La fréquentation des estampes japonaises, des illustrations du 19ème siècle (Icard, Forain etc.…), des graveurs du début du 20ème siècle (P.E Laboureur, Roland Oudot, Jean Hélion…) et des compositions, découpes, pochoirs de ses contemporains (Dewasnes … ) Seront son ferment.
Son regard se posait toujours sur le dessin, la composition, la maitrise du trait et de l’aplat. Il les mettait en jeu dans son œuvre personnelle de sculpteur, dans la taille directe polychrome, dans les cartons de tapisseries qu’il réalisait en appliques de tissus découpés.
Par les « coups de cœur » qui l’entouraient et par ses réalisations propres, il a concrétisé comme le faisait remarquer A. Malraux en 1963, le rêve d’un théâtre complet aux acteurs immobiles avec son Groupe du « Massacre des Innocents ».


