l'été à vézelay

exposition françois brochet

les visitandines

En 1981 François BROCHET écrivait ce poème …

Adressé à ceux qui viendront vivre quelques instants avec mes sculptures.

Il faudrait sans doute aimer plus,
Et dans ce métier fait pour l'oeil,
Que la main taille si bien
Qu'il ne reste que l'âme

Est un vrai métier d'homme,
Celui qui tous les jours avance insatisfait
mais cependant lucide,
C'est à dire un peu au dessus
De de la mélée confuse.
Non pas un contre tous,

Mais avec et pour tous,
Car il ne faut pas perdre de vue,
Ceux qui nous regardent
Et qui sont en même temps
Notre nourriture
Et notre témoignage.

Passe la mode futile et rare,
Il faut du temps pour découvrir
Dans la forêt, la belle promeneuse
Et dans ce bois faire sculpture,
Le temps d'un arbre

Le temps passe, l'art est lent,
Nous serons pourris, il reste.
Voilà pourquoi je crois
Et je vis.

Quant aux innocents,
Ils seront supérieurs aux juges
Au-delà du mépris,
Au dessus
des malins,
Plus forts que les puissants.

Cest à eux qu'il faut dresser
Des monuments d'amour
Avec patience et conviction
Dans le bois, la pierre et le bronze.

Ainsi, les mères et les messagères
Les pleureuses et les cris,
Les enfants des amants
Et ceux des mal-aimés

De bois, de pierre et de bronze dréssés,
Diront comme il est dit dans le grand livre:
Voyez! Nous serons toujours parmi vous.

François BROCHET.